Qui est qui ? Permaculture, jardin vivant, biodynamie

La permaculture. Ce terme évoque chez les gens l’image du paillis dans le jardin, d’un environnement plus chaotique que rectiligne, du mandala et du cercle d’herbes aromatiques, et parfois aussi de l’ésotérisme et des cristaux.

Au sein de mon association de jardiniers, Jardins Vivants, le mot « permaculture » n’a pas suscité un enthousiasme immédiat. Cela tenait surtout à l’association avec cet homme : Rudolf Steiner. Car, comme beaucoup, mes collègues jardiniers associaient la permaculture à l’agriculture biodynamique, mais est-ce bien exact ?

L'agriculture biodynamique de Rudolf Steiner

La association de biodynamique aux Pays-Bas explique que : « Les agriculteurs biodynamiques travaillent en harmonie avec les rythmes de la nature et prennent soin des processus vitaux dans leur ensemble. Tout l’art consiste à harmoniser la vie du sol, des plantes, des animaux, de l’homme, de l’environnement et du cosmos. Les agriculteurs ne se connectent pas seulement à l’aspect visible et matériel d’une plante ou d’un animal, mais aussi aux forces invisibles et spirituelles qui constituent l’organisme vivant. »

 

Le mot « cosmos » fait notamment référence aux préparations, un élément très important de l’agriculture biodynamique et qui constitue précisément la grande différence avec la permaculture. La permaculture fonctionne, elle aussi, en harmonie avec la Terre, mais ses principes de conception ne mentionnent en rien le lien avec l’invisible. Nous n’utilisons donc pas de préparations.

Préparation biodynamique silice de corne (501)

Jardin vivant

La permaculture est-elle donc la même chose qu’un jardin vivant ? À première vue, on pourrait le penser. Dans un jardin vivant également, le sol n’est pas labouré, mais recouvert et nourri afin d’obtenir une belle couche d’humus. La biodiversité y est très riche, on utilise souvent uniquement des matériaux biologiques et, bien sûr, aucun produit toxique n’y est pulvérisé.

Le design de la permaculture

La permaculture va toutefois plus loin, et cela tient à la conception. Il s’agit d’une méthode de conception qui consiste à suivre différentes étapes et différents principes afin d’aboutir à la meilleure conception possible. L’un de mes principes de conception préférés en permaculture est le principe n° 8 : « intégrer plutôt que séparer ».

 

Chaque élément remplit plusieurs fonctions.

Chaque fonction importante est soutenue par plusieurs éléments.

 

Dans une conception en permaculture, on examine très attentivement tous les éléments et toutes les fonctions, et on veille à ce qu’ils soient parfaitement coordonnés les uns aux autres afin de créer finalement un équilibre qui ressemble beaucoup à la façon dont la nature s’organise d’elle-même, mais en y ajoutant notre petite touche de savoir humain.

 

Haie sèche dans le jardin
Haie sèche

Par exemple : une haie (élément) a pour fonction de bloquer le vent dominant (fonction). La haie est densément plantée, entre autres, de baies à récolter (fonction), de nourriture et de protection pour les oiseaux (fonction). La fonction de « brise-vent » est également assurée par des haies sèches. Nous récoltons également dans la forêt comestible, et les grands cerisiers équipés de nichoirs fournissent également de la nourriture et un abri aux oiseaux. 

Le grand dénominateur commun

Que vous ayez un jardin vivant, que vous cultiviez du vin biodynamique en Alsace ou que vous soyez, comme nous, permaculteur, il existe un grand dénominateur commun : l’amour de la Terre. L’amour des vers et des champignons du sol, des oiseaux dans le ciel, des vaches avec des cornes, des poules qui peuvent picorer librement, des fruits et légumes sains, non traités et savoureux.

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